Série littéraire de théâtre – Projet Artcena de la 2nde 2- Etude de 6 pièces contemporaines – 2/6

Résumé détaillé et éléments d’analyse de la pièce

Au début de la pièce, on voit Marie-Odile entrer dans un colloque, groupe de discussion et débat, qui se nomme Les lendemains qui poussent. MO hésite beaucoup avant d’y entrer, dans la salle de débat, elle aura du mal à se concentrer sur les autres agriculteurs. Elle pense aux enfants qu’elle a vus la veille qui sont venus vers elle avec plein de gaité et criant en cœur : « Nassara ! Nassara », qui désigne la femme blanche. Un des enfants lui prit la main et lui demanda si elle voulait être son amie. Atteinte par ce geste, quand les enfants furent partis, elle s’écroula en pleurs sur le sol.

Représentation de Nassara au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui à Montréal

Plusieurs personnes autour vinrent la voir et l’aidèrent à se relever. Un homme la conduisit au café Bienvenue chez welcome. Elle pensait aussi à sa sœur qui lui avait dit que c’était là qu’elle avait presque réussi à se sentir heureuse, mais aussi à son fils parti de la maison pour devenir moine bouddhiste en Asie et au fait qu’elle n’ait plus de nouvelles de lui depuis. Cela la rendait si malheureuse.

Elle revint à la réalité quand Désiré l’animateur qui faisait se présenter chaque personne de la réunion arriva enfin au tour de Marie-Odile… quand tout à coup…(Gloria)

…Ali âgé de 17 ans pénètre dans la salle. Il porte un bonnet noir sur le visage avec des trous pour la bouche. Une kalachnikov dans ses mains, récupérée la veille dans l’entrepôt appartenant à son cousin Youssouf. Ali commence à menacer le groupe en criant « Levez les bras en l’air et videz vos poches !  » Devant cette scène terrifiante, Marie est prise de peur et serre la main d’Adeline pour se rassurer. Marie croise le regard d’ Ali et pense « Bienvenue chez welcome » comme si c’était une prière, elle voit alors Baptiste le sociologue en train de pleurer.

Ali commence à parler – « Vous pensez : il est un de ces jeunes qui tue pour Allah » , mais il fait bien comprendre que ce n’est pas sa motivation et l’argent non plus. Marie essaye de commencer à parler avec Ali et lui parle de son fils qui est parti de chez elle et de sa sœur Margot qui est morte il y a un an et de son dernier souhait qui était de répandre ses cendres à Ouagadougou.

Affiche du spectacle Nassara © CTD’A

Ali enchaîne en disant que la rage qui brûle en lui ne cesse d’augmenter par la corruption de toutes ces guerres. Au fur et à mesure de la conversation, un lien de confiance se crée entre les deux personnages. Ali ne sait plus quoi faire et repense aux paroles de son cousin qui disait « Tu tires ou tu ne tires pas » et commence un compte à rebours de trente secondes pour fusiller le groupe.

Le groupe dans un silence total attend qu’il tire mais rien ne se passe. Ils entendent les sirènes de police et Ali laisse tomber doucement son arme au sol et dit « Je ne suis pas le gars qui pointe son arme sur un groupe de personnes, qui tire sur eux ». (Salem)

Choix d’extraits : p.28 et p.48

MARIE-ODILE : Mon cœur bat vite. J’ouvre la bouche. Tout à coup, un coup de pied dans la porte. Elle s’ouvre toute grande. L’animateur se retourne. Il dit : « Qu’est-ce que… qu’est-ce que c’est ? Il répète : « Qu’est-ce que… Qu’est-ce qui se passe ? Ali : « Chhhhhhhchh. Taisez-vous ! « .

MARIE-ODILE : Je retiens mon souffle. On retient tous notre souffle. Il nous regarde. Il ne dit rien. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Qu’est-ce qui arrive ?

CELLE QUI RACONTE : il a vu cent fois cette image là à la télé, dans les films. Un homme qui pointe sa kalachnikov, qui dit taisez-vous.

MARIE ODILE : Monsieur Willems va vers la fenêtre. Elle est coincée. Il pousse sur les panneaux, donne un grand coup. Ça prend du temps.

ALI : Vite, dépêche-toi.

MARIE ODILE : Ca y est. Elle est fermée. On étouffe déjà.

ALI : Retourne à ta place. Vite ! Dépêche-toi.

CELLE QUI RACONTE : Dans les films qu’il a vus, c’est toujours comme ça que ça se passe : d’abord le silence, puis les bras en l’air, fermer les portes, les fenêtres. Puis les téléphones […](suite à découvrir p.28)


CELLE QUI RACONTE : Dans l’entrepôt, ce matin-là son cousin a dit : « Avec ça dans les mains, t’as pas besoin de parler. C’est plus fort que des mots, tu comprends ? Que tous les mots de gars comme toi qui se croient plus intelligents que les autres. Plus intelligent que moi. Regarde. Tu tiens l’arme comme ça, tu pointes le canon, et ils se taisent ». Dans l’entrepôt, en écoutant son cousin, il a pensé, tu sais pas ce qu’il y a en moi. Tu comprends pas. […]

CELLE QUI RACONTE : Il entend les mots de son cousin, « Si tu parles t’es fini », en pointant son arme sur le petit groupe de vivants.

Moi qui implore le fantôme de Margot, le prie d’apparaître ici, avec sa crinière blanche en bataille, son visage vieilli, ses yeux encore fervents, souvenirs de sa beauté fougueuse, elle est là tout à coup, elle se dirige vers Ali, lui parle à l’oreille, lui dit :

« Je te comprends, je la connais la boule de rage qui brûle dans tes entrailles, mais même si tu tires elle s’en ira pas, même si ton arme contenait des milliers de balles, même si tu tirais pendant des jours, elle serait encore là, tu peux me croire, il faut vivre avec elle Ali, ma sœur pense que j’ai été bien nulle part, c’est pas vrai, elle comprend rien, j’ai été vivante, j’ai aimé ma colère, aimé crier, aimé bousculer mon petit monde endormi » […] (suite à découvrir p.48)