« De Moscou au lycée Henri IV : le parcours inspirant de Maksim, élève de 3ème au collège Jules-Ferry »

En quelques années, Maksim a transformé les défis de son arrivée en France en une véritable réussite scolaire, avec un rêve désormais bien défini : devenir ingénieur en aéronautique.

Maksim est arrivé au collège Jules-Ferry en classe de 6ème. Il passe aujourd’hui son DNB. Après une adaptation parfois un peu complexe au sein de l’établissement, Maksim a eu un parcours exceptionnel depuis 2 ans. Nous avons, à la demande de l’équipe éducative, décidé de le mettre à l’honneur dans cette interview par sa professeure de technologie, madame Clabaut.

Interview de Maksim IVANOV

  • Peux-tu nous parler de ton enfance en Russie ? Dans quelle ville as-tu grandi et quels sont tes meilleurs souvenirs ? Je suis né à Moscou, où j’ai grandi. Mes meilleurs souvenirs d’enfance sont ceux des moments partagés avec ma famille.
    • Quelles étaient tes matières préférées à l’école en Russie ? Aimais-tu déjà beaucoup étudier ? Je ne me souviens plus vraiment de ma matière préférée à l’époque.

    • Quand es-tu arrivé en France et qu’as-tu ressenti en découvrant un nouveau pays, une nouvelle langue et une nouvelle culture ? Vivre à Paris est une chance que je mesure chaque jour : la ville regorge de patrimoine culturel, de musées, d’histoire. Sur la langue, je suis convaincu que parler une autre langue que sa langue maternelle change profondément la façon de voir le monde. J’ai remarqué que les personnes bilingues ont l’esprit plus souple, plus ouvert.

    • Quelle a été la plus grande difficulté lors de ton arrivée en France et comment l’as-tu surmontée ?
      La plus grande difficulté à mon arrivée, c’est que je ne parlais pas un mot de français.
      Pourtant, dès les premiers soirs, je sortais jouer avec les enfants du quartier. Aujourd’hui, je réalise à quel point le sport est un vrai vecteur d’intégration : on peut apprendre à s’exprimer en français juste en jouant au foot ou au basket.

    • Comment as-tu appris le français ? Y a-t-il eu des personnes qui t’ont particulièrement aidé dans
      cette démarche ?

      J’étais alors en CM2 à l’école Torcy (75018). J’ai commencé en UPE2A, puis, grâce à mon professeur Pierre LEFRANC — envers qui je suis très reconnaissant — j’ai progressé si vite que j’ai rejoint la classe ordinaire pour la seconde moitié de l’année.

    • Aujourd’hui, tu es l’un des meilleurs élèves du collège. Quel est ton secret pour réussir aussi bien dans tes études ?
      Le secret, selon moi, c’est d’avoir le courage de poser des questions, mais surtout de savoir ce qu’on veut faire de sa vie et d’assumer ses responsabilités. J’ai compris que plus je prenais ma réussite en main, plus je me donnais les moyens de construire un avenir solide — et un présent qui en vaut la peine.
    • Quelles sont les matières que tu préfères au collège et pourquoi ? Certaines Certaines matières m’intéressent plus que d’autres, mais toutes peuvent devenir passionnantes
      quand un professeur sait éveiller la curiosité. Le sport, lui, c’est la matière qui forge des amitiés pour la vie.

    • Comment tes camarades et tes enseignants t’ont-ils accueilli lorsque tu es arrivé dans l’établissement ?
      Jules-Ferry est un collège à part. Les gens y sont bienveillants, et j’y ai trouvé de bons amis très rapidement. À mon arrivée, j’étais un bon élève, mais en deuxième partie de 5e, des difficultés avec mon beau-père m’ont déstabilisé. J’ai commencé à avoir de mauvaises notes, je suis devenu insolent, et j’ai même été convoqué par la commission éducative. Madame Boury, la Proviseure, a alors présenté à ma mère et à moi les dispositifs de protection sociale et psychologique disponibles. C’est là que j’ai compris que les professeurs et la Direction avaient toujours voulu m’aider.
      Je veux les remercier, en particulier Mme TERMOLLE, la Principale-adjointe et Mme GARNIER — ma professeure principale en 5e et en 4e — envers qui je suis profondément reconnaissant de m’avoir gardé à Jules Ferry et de m’avoir aidé à me remettre sur le bon chemin. Chaque fois que je progressais, même un peu, elles m’encourageaient. Leurs mots ont compté énormément. Aujourd’hui encore, quand j’ai envie de baisser les bras, je me les rappelle — et ça me pousse à continuer.
      Mme GARNIER m’a aussi encouragé à poursuivre le basket. Ce sport m’a appris à collaborer, à m’intégrer dans une équipe, à faire confiance aux autres. Maintenant, quand je me sens perdu, je sais que je trouverai du réconfort sur le terrain.
      J’aime également apprendre des langues étrangères — l’anglais, le grec. Pour moi, c’est un exercice intellectuel stimulant, une façon de découvrir d’autres cultures de l’intérieur.

      Je suis passionné par les mathématiques, la programmation et la construction aéronautique. L’année dernière, j’ai effectué un stage dans une entreprise du secteur où j’ai pu discuter avec les ingénieurs du secteur des choses qui me passionnent, et je suis très reconnaissant pour cela à mon tuteur de stage Ananda RAMON à ma professeure principale de 4e Mme GARNIER. Cette année, j’ai obtenu mon BIA -Brevet d’Initiation Aéronautique– et j’ai déjà volé une heure avec un instructeur. J’ai préparé ce brevet avec un établissement public parisien. Mon objectif : pratiquer l’aviation comme loisir et devenir ingénieur en aéronautique.

    • Quels sont tes rêves pour l’avenir ? As-tu déjà une idée du métier ou des études que tu aimerais
      poursuivre plus tard ?

      Oui, j’ai une idée de l’avenir que je veux avoir, notamment grâce aux nombreuses sorties organisées par
      Mme TERMOLLE, la Principale-adjointe du collège et aux professeurs. Par exemple, nous avons visité l’entreprise Google France pour parler aux « vrais » ingénieurs Google. La Mairie du 9ème arrondissement nous a permis de faire cette visite. Nous avons aussi réussi à rencontrer des prix Nobel de physique vivants, leur parler et poser des questions sur leurs recherches, et l’un deux m’a même signé son livre !

    « Je suis très honoré et je vous remercie infiniment, ainsi que la Direction et les professeurs.
    J’ai fait de mon mieux pour répondre aux questions. Ma mère est très heureuse ».

    Paris le 26 juin 2026

    CR de Mme Termolle, principale-adjointe du collège